Togo/ lutte contre la vie chère : nécessité de changement de stratégie ?

Togo/ lutte contre la vie chère : nécessité de changement de stratégie ?
Tout flambe

Le Togo tout comme la plupart des pays est frappé par un niveau d’inflation jamais vu jusqu’ici. Les populations risquent de connaître la famine et une insécurité alimentaire. La pandémie de Covid-19 et le conflit en Ukraine en sont les principales causes connues. Le gouvernement togolais continue – selon ses possibilités – de mener, depuis le début de l’année en cours des actions pour réduire le poids de la cherté de la vie sur sa population. Pour l’heure, les résultats ne se traduisent pas véritablement, à cause de plusieurs aspects non prise en compte. Une petite analyse de la situation avec la rédaction de nzaranews.

Le ministère du commerce, de la consommation locale et de l’industrie vient de déverser sur le terrain des équipes pour contrôler des opérateurs économiques qui profitent du contexte pour majorer exagérément les prix des produits. Dans toutes les régions, les équipes de contrôleurs et d'inspecteurs de commerce constatent depuis le 24 août 2022, la conformité des prix par les distributeurs et la disponibilité des produits. Le ministre Kodzo Adedze demande à ses collaborateurs de prendre des dispositions urgentes pour intensifier les contrôles sur les marchés, dans les boutiques et supermarchés, stations d’essence et dépôts de vente notamment de gaz butane, farine de blé, huile végétale et ciment dans leurs régions respectives, en vue de s’assurer de l’affichage et du respect des prix en l’occurrence, « ceux plafonnés par le gouvernement pour les produits de première nécessité ».

Ces dispositions avaient déjà été prises en janvier dernier par des descentes inopinées dans les marchés afin de lutter contre la spéculation des prix du maïs, riz, sorgho, haricot, mil, etc.

Un numéro vert destiné à signaler les pratiques commerciales anormales a également été porté à la connaissance de toute la population pour signaler et dénoncer toutes pratiques illicites qui pourraient échapper aux équipes d’inspecteurs et de contrôleurs de commerce.

Force est de constater qu’il n’y a pas de changement tangible. Nombre de commerçants continuent de s’entêter sur les nouvelles mesures. Seule la dernière subvention sur les prix du gaz par le gouvernement a permis de réduire quelque peu les tarifs du produit, après la hausse vertigineuse annoncée par les importateurs de gaz.

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L’opposition des commerçants

Comme mentionné plus haut, depuis le plafonnement des prix des produits de première nécessité, il n’y a pas un véritable changement sur le marché. Le prix du maïs (céréale la plus consommée) par les togolais reste « élevé » pour les foyers, tournant autour de 700 et 850 F CFA dans le grand Lomé, la capitale. Les commerçants prétendent « tomber en faillite » en vendant aux prix plafond. Ils ne veulent même pas entendre parler de ces mesures adoptées par le ministère du commerce, et soutiennent que « les causes de l’inflation se trouvent ailleurs » et qu’il est avant tout « important de chercher à les corriger ». Les mêmes commerçants affirment que « tant que le prix du carburant est élevé, les chauffeurs continueront par nous taxer, et ces frais de transport ont des répercussions sur les prix de vente. Nous menons nos activités pour gagner et subvenir aux besoins de nos familles et non pour perdre. » déclarent-ils.

Que ce soit dans des boutiques de produits alimentaires ou dans les marchés, les marchands n’accordent aucune importance au plafonnement des prix décidé par le gouvernement. La situation s’est plutôt empirée avec les dernières hausses des prix des produits pétroliers.

Le gouvernement reste cependant dans sa logique de plafonnement des prix des produits de première nécessité, en intensifiant le contrôle dans toutes les régions du Togo.

L’intensification du contrôle a-t-elle des chances de réussite ?

Depuis la flambé du prix du gaz butane le 13 août passé et suit à une légère subvention du gouvernement (la bouteille de 6 kg par exemple qui est passé de 3.120 à 5.400 F CFA, est ramené à 4 740 F CFA). Le contrôle est réapparu pour « soulager les populations ».

Selon la dernière note du ministre du commerce, de la consommation locale et de l’industrie « tout auteur de pratiques anormales au commerce devra être sanctionne conformément à la réglementation en vigueur ». C’est à cet effet des visites inopinées sont légion dans le grand Lomé et dans toutes les régions, suffisent-elles pour s’assurer du respect du plafonnement des prix demandé par le gouvernement ?

Beaucoup d’observateurs se demandent si cette nouvelle vague de contrôle connaitra des succès pour le bonheur des uns et des autres ? « Le gouvernement a subventionné les tarifs du gaz et les vendeurs ne peuvent que les livrer aux prix fixés, mais il reste un vrai défi pour les autorités de réussir à stabiliser les prix des produits de première nécessité ».  

L’Association togolaise des consommateurs (ATC) observe également que les revendeurs et revendeuses ne consentent pas à s’aligner sur les tarifs proposés par le gouvernement. Elle prône un dialogue entre les parties concernées en vue de trouver un terrain d’entente