Togo : l’inflation grandit sur tous les plans

Togo : l’inflation grandit sur tous les plans
Une inflation non encore maitrisée

Depuis des semaines tous les citoyens togolais comme ceux d’autres pays scrutent l’évolution des prix des produits de première nécessité. Les tarifs s'envolent : gaz, carburants, transport, et bien sûr, les produits alimentaires. Les consommateurs sont réellement touchés au portefeuille. Les augmentations inquiètent sérieusement les populations.

Le tout dernier renchérissement concerne les prix des bouteilles du gaz butane. Les ajouts varient entre 2 280 et 4 200 F CFA pour les bouteilles de six (06) et douze kilogrammes et demi (12,5). Le ministre du commerce a indiqué, à travers un communiqué que « cette version est approuvée au prix plafond de 895 F CFA le kilogramme », avant de préciser que « cette structure de prix devra être révisée chaque trimestre pour l’adapter à l’évolution des prix sur le marché international ».   

 

Les prix des produits pétroliers ont connu une quatrième hausse successive au Togo depuis le 19 juillet, suite au constat d’une "envolée des prix du baril de pétrole à l’international".

 

Les tarifs des transports ont rebondi depuis la révision des prix des carburants. Ce qui a contraint les revendeurs en général à revoir tous les tarifs de leurs produits. « Il y a les coûts de transports des personnes et des marchandises ; qui ont progressé, ainsi que d’autres charges y afférentes ; tout est à prendre en compte. Nous, au niveau de la vente, nous répercutons toutes ces hausses avant de compter sur un quelconque bénéfice », soulignent les femmes grossistes et leurs camarades clientes attachées aux détails.  

 

Dans la présente situation, « l’instabilité sociale est plus que remarquable », estiment nombre de consommateurs qui pointent justement le coût des vingt-cinq (25) litres d’huile qui s’est élevé brusquement jusqu’à 35 000 F CFA, contre le plafond de 22 500 F CFA fixés le 30 juin 2022 par le ministre du commerce, de l’industrie et de la consommation locale qui souhaitait que les commerçants la revendent à 1 170 francs/litre. Elle se vend de nos jours à 1 600 voire 1 800 francs F CFA le litre.  

 

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Des augmentations dans tous les sens finalement  

 

« Les prix des produits ne cessent de grimper, jusqu’à concurrence de 15 à 20%, voire 30% », remarquent les consommateurs, en relevant : « les prix des céréales aussi recommencent à grimper, tout comme ceux du poisson, de la viande, et des légumes ». 

 

L’arrivée sur le marché du "nouveau maïs" devrait quelque peu alléger la souffrance des ménages. De 650 F CFA à une époque récente, le bol de trois (03) kilogrammes de cette céréale qui est l’un des principaux produits de consommation des togolais coûte aujourd’hui 700 ou 750 F CFA, selon les localités.

 

Les poissons qui se vendaient à 700 - 800 F CFA/kg, sont maintenant à 1300-1600 francs. Chez les grossistes, le prix du carton de maquereau et d’autres poissons, tels les chinchards varient entre 30 000 et 40 000 F CFA, au lieu de 22 000 et 28 000 F CFA. « C’est difficile pour nous d’aller acheter aussi bien dans les magasins qu’au port de pêche », disent les revendeuses.

 

Dans les grands marchés de la capitale, Lomé et sa périphérie, cette flambée des prix est durement ressentie, rendant inaccessibles les denrées alimentaires importantes.

 

De même, les prix des produits manufacturés augmentent, sous l’effet de la remontée des prix des importations.

 

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Les fournisseurs se défendent

 

Les commerçants ont les mêmes préoccupations. «L’augmentation des prix des denrées ne provient pas de nous, mais plutôt des grossistes. Nous subissons la hausse des prix comme tout le monde », soulignent-ils.

Si l’on observe que le plafonnement des prix des produits locaux et importés décidé par le ministre du commerce n’est plus suivi, les vendeurs et revendeurs se justifient. « Nous ne vendons plus comme auparavant, plus aucun bénéfice ; les clients se plaignent eux-aussi de la cherté de nos produits, alors que nous ne proposons que des prix en rapport à ceux pratiqués par nos fournisseurs ; par exemple, nous ne pouvons pas acheter un produit à 15 000 francs pour le revendre au même montant ; Nous faisons du commerce pour gagner aussi », indiquent des revendeuses.

 

Les budgets explosent !  

 

Les prix ne sont pas du tout sages. Et les budgets prennent forcément un coup. « Nous avons modifié nos habitudes alimentaires, c’est-à-dire que nous consommons moins désormais, et essayons de mettre nos enfants dans le bain quant à ce qui concerne les dépenses, surtout pas de gaspillages », dit-on dans les familles contactées par Nzaranews.

 

Chaque foyer essaie de s’adapter à la situation. « Le gouvernement devrait faire quelque chose, en augmentant par exemple les salaires pour tous », disent la plupart des fonctionnaires ou travailleurs d’entreprises/sociétés dont les responsables aimeraient pouvoir faire plus, mais n’en n’ont pas les moyens.

Les pouvoir d’achat vacillent. L’inflation a atteint officiellement 6,9% au Togo en juillet 2022. La lutte contre l’inflation se poursuit au Togo. Le panier de la ménagère est vide, et tout le monde craint désormais que cette inflation augmente et s’installe dans la durée.

 

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Juguler le phénomène dans les meilleurs délais

 

Comme dans tous les pays, la cherté de la vie gangrène presque tous les secteurs d’activité. L’une des alternatives du gouvernement togolais est de consommer local. « Les prix des produits importés étant à la hausse, à cause du contexte international, nous encourageons les consommateurs à consommer local ».

Pour les acteurs de la société civile, « le problème ne peut qu’être résolu à travers le contrôle des prix sur le marché ». Ils proposent la mobilisation ou la responsabilisation de chaque mairie « pour que tout le monde puisse s’impliquer dans le contrôle des prix ».

 

D’autres commerçants expliquent la situation par des taxes d’importation élevées.

Pour sa part, l’office togolais des recettes (OTR) avait pris des dispositions pour revoir à la baisse les taxes de certains produits de première nécessité, entre autres le lait concentré, la farine de blé, l’huile de palme brute, la tomate concentrée, l’huile oléine brute (en vrac), oléine de karité brute (en vrac).