Togo - Etat d’urgence sécuritaire : satisfaction mesurée des agriculteurs et résidents

Togo - Etat d’urgence sécuritaire : satisfaction mesurée des agriculteurs et résidents
Visite du président dans la savanes

Pour répondre au phénomène des violences terroristes, le gouvernement togolais a demandé et obtenu du parlement, l’autorisation de proroger l’état d’urgence sécuritaire instauré en juin dernier dans la Région des Savanes. Les populations du côté Est de ladite région, à la lisière de la frontière avec le Burkina Faso s’accommodent le renouvellement de la mesure, dans la prudence.

La prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes conforte l’espoir des agriculteurs et autres habitants qui sont retournés dans leurs villages depuis quelques semaines, après s’être assurés de la présence des Forces de défense et de sécurité (FDS) dans leurs zones de résidence, reprenant prudemment leurs activités quotidiennes. Plusieurs chefs de famille contactés par Nzaranews sont tous unanimes sur la décision "exceptionnelle" du gouvernement de proroger de six (06) mois, l’état d’urgence sécuritaire instaurée dans la région depuis juin 2022.

Une mesure saluée

« Le gouvernement a pris une décision salutaire, et nous voulons que l’état d’urgence soit permanent. Nous n’avons plus peur en voyant nos forces de défense et de sécurité circuler partout, dans nos villages », argumentent ces habitants qui avaient déserté leurs localités de Pognon, Blamonga, Kpékpakandi, Koundjoare, Bouldjoare, Sanloaga, Bagré, pour échapper aux d’attaques meurtrières de terroristes. Des rumeurs avaient annoncé dans la foulée, le retour dans les jours à venir de ces mêmes malfaiteurs.

D’autres plus prudents continuent de garder leurs familles à l’abri, dans des localités plus ou moins éloignées de leurs zones, à l’Ouest dans les préfectures de Cinkassé et de Dapaong (chef-lieu de la région), en attendant la rentrée scolaire prochaine. « Nous observons d’abord ; pour le moment nous travaillons dans nos champs, en attendant de rapatrier nos familles. Il faut dire cependant que la décision du gouvernement est venue nous rassurer un peu plus, parce qu’il y a déjà les Forces de défense et de sécurité (FDS) qui sont bien implantées partout », répètent-ils.

Lardja N. habitant de Koundjoare, ne cesse d’apprécier les check-points des forces de sécurité. « Nos soldats contrôlent bien les cartes d’identité des uns et des autres qui circulent », relève-t-il.

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Des déplacés logés à Dapaong désirent, eux-aussi « la présence permanente des militaires dans la région pour empêcher et anéantir une quelconque attaque ». Comme perpétuer la présence des FDS dans la région des Savanes, dont la partie Est, est réputée poumon céréalier.

En proie aux attaques terroristes, de nombreux Burkinabè ont quitté leurs localités frontalières pour se retrouver au sein de nouvelles communautés au Togo, fuyant les violences. Les habitants des villes de Dapaong et de Cinkassé, accueillent depuis, des centaines de personnes déplacées du Burkina Faso.

Le préfet de Tône (région des Savanes), Tchimbiadja Yendoukoa DOUTI s’était dit surpris par le nombre de réfugiés victimes d’attaques terroristes, ajoutant que « ces personnes sont arrivées dans un dénuement total, et sont restées dans des familles d’accueil. Au nom du gouvernement, nous leur avons remis des vivres et des non-vivres, pour leur permettre de passer un séjour acceptable ».

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En accordant le 06 septembre 2022, le droit au gouvernement de continuer à assurer la sécurité dans la région des Savanes, les députés permettent au gouvernement de "poursuivre les différentes actions entreprises dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et les différentes menaces, dans cette région où les attaques et les incursions se sont multipliées depuis la fin de l’année passée".

« L’état d'urgence va permettre aux forces de défense et de sécurité, de faire des contrôles identitaires un peu plus fréquents, des contrôles domiciliaires, d'interdire certaines activités. L'état d'urgence sécuritaire va entraîner un fléchissement des libertés individuelles et collectives », avait averti le Pr Akodah Ayewouadan, ministre de la Communication et des médias, porte-parole du gouvernement togolais.

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