Togo-Environnement : coupes illégales, illicites et abusives d’arbres dans la région de la Kara

Des coupes illégales de bois sont courantes dans plusieurs fermes de villages, dans la préfecture de Bassar (région de la Kara), a constaté Nzaranews. Les "meilleurs" troncs d’arbres sont abattus sur les surfaces boisées des localités par des hommes munis de tronçonneuses qui négocient avec des propriétaires terriens, les tarifs de chaque arbre dont les planches seront destinées à la vente. En cause, la survie des familles.

Apr 11, 2023 - 10:18
Apr 24, 2023 - 14:09
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Togo-Environnement : coupes illégales, illicites et abusives d’arbres dans la région de la Kara
Abattage clandestin d'arbres

A fortiori, il s’agit de la pauvreté des ménages et, au-delà, les acteurs qui tirent effectivement profit de la tendance. "J’ai vendu cet arbre à 3 000 et l’autre à 5 000 FCFA ; c’est, selon la grosseur", répond ce chef de famille basé à Lougariyo, étonné plutôt de la surprise que marquent ses interlocuteurs qui lui signifient l’interdiction de couper, voire la vente d’arbre de son environnement.  

Selon des informations recueillies sur place par Nzaranews, les utilisateurs de tronçonneuses travaillant sans titre, donc illégalement, approchent les chefs de famille pour, d’abord cibler les types d’arbres à abattre avant de négocier leurs prix. S’en suit l’opération qui consiste à diviser l’arbre en plusieurs épaisseurs. 

"Je sais que c’est très moins cher, mais il m’arrive aussi de rechercher urgemment de l’argent pour des besoins urgents. Je ne peux rien ; et je ne sais pas aussi qu’il faut demander la permission avant de couper un arbre", affirme Antoine devant ses progénitures troublés.

Mêmes procédées, mêmes arguments !

Ils sont nombreux, ces scieurs illégaux qui écument les profondeurs des fermes des villages de Sanda Afohou et de Sanda Kagbanda (proche de Kabou, dans la préfecture de Bassar), distantes de 07-15 km, à la recherche d’arbres à couper. 

L’absence sur le terrain d’agents du ministère de l’environnement est remarquable. Des entretiens avec des résidents de Laouda, Lougariyo, Fonoou, Tchaboua, l’on s’aperçoit que les « vendeurs » sont souvent bernés par ces promeneurs-scieurs illégaux qui exploitent leurs situations sociales. 

La même situation serait d’actualité dans la zone, dans les localités de Bouwaî, Kpankolou, Kamboua, où les coupes se font dans la nuit ou en plein jour, à l’insu des agents des eaux et forêts.

Un cadre de santé à Kagbanda, doigte d’éventuelles "complicités avec des agents ou des chefs des villages". Et d’expliquer que "dans chaque canton il y a un bureau de la direction préfectorale de l'environnement et un autre de l'Office de développement et d’exploitation des forêts (ODEF)".

Pour sa part, un fonctionnaire retraité du milieu qui, gardant aussi l’anonymat, estime que "les autorités à travers les radios par exemple, devraient sensibiliser davantage les populations sur les lois régissant l’exploitation des forêts, pour le bien de tout le monde. Puisque tout le monde ne sait pas grand-chose des règlements. Ainsi, les gens dans le dénuement se jettent sur les arbres pour vivre".

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Dans l’ensemble des villages précités, les ventes illégales d’arbres sont légion, et chaque situation est un cas d’espèce. Les résidents, voisins et riverains n’osent dénoncer qui que ce soit. Ils préfèrent plutôt les prélèvements anarchiques, au regard du peu de moyen financier qu’ils disposent.

Selon les renseignements obtenus par Nzaranews les arbres coupés sont achetés à 3.000 ou 5 000 francs CFA, puis revendus aux commerçants entre 200.000 et 800 000 francs CFA, parfois plus. 

L’exploitation de la forêt est encadrée 

Au Togo, il est nécessaire d’avoir une autorisation particulière pour abattre le bois naturel ou le teck et effectuer le dégagement. Cette autorisation est délivrée par la Direction des Ressources Forestières (DRF) à toute personne physique ou morale qui exerce dans le domaine du bois. 

La procédure est gratuite. Les autorisations ainsi obtenues sont strictement personnelles.

Les autorités togolaises vont lancer bientôt, le 1er juin 2023, la campagne nationale annuelle de reboisement.

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Jacques Sourou DOUTI Journaliste, Consultant en communication pour le développement | Directeur de publication de Nzaranews