Togo : calme et vigilance dans la dynamique du combat contre le terrorisme

Les populations de Gnoaga et Gouloungoussi continuent de vaquer à leurs occupations, après la mise en déroute d’un groupe de terroristes dans l’extrême Nord-est du Togo, très proche des frontières du Ghana et du Burkina Faso. Toute la zone reste quadrillée par l’armée Togolaise. La situation pourrait aboutir à l’établissement de refuges dans la région.

Juin 17, 2022 - 11:13
Juin 23, 2022 - 08:12
 0
Togo : calme et vigilance dans la dynamique du combat contre le terrorisme
Calme et vigilance dans la région des savanes

Plus à l’Est de la région des Savanes, les localités de Nadjagou et Kpékpakandi accueillent actuellement des centaines de réfugiés du Burkina Faso. Des familles logent actuellement plus de 600 personnes qui avaient fui les violences dans leurs localités du pays voisin, après avoir été attaquées récemment par des terroristes.

 Le préfet de Tône (région des Savanes), Tchimbiadja Yendoukoa DOUTI s’est dit surpris par le nombre de réfugiés victimes d’attaques terroristes. « Il y a eu des attaques chez eux et à côté de leurs lieux de résidence », explique-t-il, ajoutant que « ces personnes sont arrivées dans un dénuement total et sont restées dans des familles d’accueil. Au nom du gouvernement, nous leur avons remis des vivres et des non-vivres, pour leur permettre de passer un séjour acceptable », explique le représentant du pouvoir central. Plusieurs institutions telles, la Croix-Rouge, l’Agence nationale de la protection civile, les services du ministère de l’Action sociale, la chefferie traditionnelle, apportent leurs aides aux réfugiés. « La solidarité aidant, je crois que nous allons pouvoir réunir un certain nombre de conditions pour qu’ils ne manquent pas l’essentiel », souligne Tchimbiadja Yendoukoa DOUTI.

 Des actions endogènes pour combattre le terrorisme

 Pour contrecarrer la stratégie des djihadistes, le gouvernement togolais a instauré le 13 juin 2022, l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes. Cette décision est destinée à éradiquer le terrorisme dans la région, et devrait être mise en œuvre dans un esprit de franche collaboration et de bonne entente avec les populations. Elle a pour objectif également de créer un environnement propice aux mesures opérationnelles nécessaires à la bonne conduite des opérations militaires, au maintien de l’ordre et de la sécurité dans la région des Savanes.

Il y a une semaine, le Ghana voisin du Togo a signalé des mouvements suspects de personnes le long d’une zone montagneuse qui borde le district de Bunkpurugu dans la région du Nord-Est et le district de Guru dans la région du Haut-Est. Lesdites localités sont situées à la lisière de la frontière Ouest avec le Togo. Les Forces de Défense et de Sécurité togolaises avaient alors engagé des opérations de contrôle de zone dans les savanes.

LIRE AUSSI - Togo : que se passe-t-il au juste dans la zone Ouest de la préfecture de Tandjoare ?

 Des pays de la sous-région pour la riposte militaire

Pour faire réellement faire face au fléau du terrorisme, le Bénin, le Burkina Faso, le Ghana et le Togo, ont signé en septembre 2017, l'Initiative d'Accra qui a permis de mettre sur pied une opération militaire conjointe baptisée "Koundalgou". Son objectif est de renforcer la coopération en matière de sécurité et de partage de renseignements entre les pays signataires. « Koundalgou », dont la quatrième phase s'est déroulée du 21 au 27 novembre 2021 avec plus de 5 720 soldats, a permis l'arrestation de 300 suspects et la saisie d'importants stocks d'armes et de munitions.

Jacques Sourou DOUTI Journaliste, Consultant en communication pour le développement | Directeur de publication de Nzaranews