Sahel : comment la crise sécuritaire va impacter les conflits liés aux ressources naturelles

Sahel : comment la crise sécuritaire va impacter les conflits liés aux ressources naturelles
la crise sécuritaire a un impact sur les conflits liés aux ressources naturelles

L’organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), dans un rapport sur l’analyse des conflits liés aux ressources naturelles souligne que la crise sécuritaire pourrait impacter les conflits liés aux ressources naturelles dans la zone du Liptako-Gourma, mais aussi modifier la donne sur le contrôle des ressources naturelles.

Dans une analyse des conflits liés aux ressources naturelles effectuée par la FAO dans la zone du Lipako-Gourma (Burkina, Mali, Niger), l’on retient que l’aggravation des tensions dans les relations sociales entre les usagers des espaces ruraux est à l’origine de l’augmentation de la fréquence des conflits entre les agriculteurs et les éleveurs.

 

Les experts rapportent que l’une des caractéristiques de la zone du Liptako‑Gourma réside dans le fait que le même espace est souvent utilisé à des fins multiples (agriculture, élevage, pêche, cueillette, etc.). Pour les experts de la FAO, ce "multi-usager des espaces ruraux » et l’exploitation des ressources naturelles communes constituent la source de conflits fréquents".

 

Le rapport fait cas de l’impact de la crise sécuritaire sur l’accès aux ressources naturelles des populations du Sahel. En effet, les experts soulignent que l’implantation des "groupes armés non étatiques" qui s’est renforcée dans la zone du Liptako-Gourma principalement au centre du Mali, au Burkina Faso et au Niger pourrait modifier le mécanisme de gestion des ressources naturelles existant.

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Le rapport souligne qu’au Mali par exemple, dans les zones où l’administration publique et les forces de défense et de sécurité sont quasiment absentes, l’on observe avec l’émergence de groupes "armés locaux", une modification de la gouvernance des ressources naturelles et une inversion du rapport des forces entre les élites, en l’occurrence les gestionnaires traditionnels des terres et des pâturages, et les couches sociales déshéritées.

 

"Au Burkina Faso, la menace sécuritaire a gagné du terrain dans plusieurs régions, y compris celles du Nord, du Sahel et de l’Est", relate le rapport.

L’expansion de la violence terroriste a contraint de nombreuses familles à fuir leurs foyers et le nombre des personnes déplacées a atteint 650 000 avant la fin de l’année 2019.

 

Cette crise sécuritaire selon le rapport risque d’affecter négativement la production des impacts sur l’amélioration du statut de sécurité alimentaire des ménages ruraux, la résilience des moyens de vie des ménages, la promotion des bonnes pratiques agropastorales, et l’augmentation des revenus des ménages, grâce aux activités génératrices de revenus.