L'organisation de la COP15 sur la biodiversité au Canada enregistre que de divergences notoires

L'organisation de la COP15 sur la biodiversité au Canada enregistre que de divergences notoires
sauvons la biodiversité

La réunion sur l'organisation de la COP15 sur la biodiversité vient de prendre fin à Nairobi, au Kenya. Elle a tenu en haleine pendant six jours les participants des 195 États ayant adhéré à la Convention onusienne pour préparer l’inédite rencontre sur la Biodiversité biologique.

Le Canada a été retenu pour abriter la COP15, en décembre 2022, après l'échec de celle de 2020 dû à la menace liée au Covid-19. Pour l'heure, les négociations se poursuivent et d’ambitieux accords se pointent à l’horizon, afin de protéger au mieux la nature et ses ressources d’ici à 2050.

Cette quatrième rencontre préparatoire qui a pris fin le 26 juin 2022, a ressorti un document devant servir de base pour la prochaine COP à Montréal sur la biodiversité. Il vise à mieux protéger la nature et ses ressources d’ici à 2050 et dont l'objectifs pour 2030, sera de protéger 30% des terres et mers de la planète.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, plus de 40 000 espèces animales et végétales sont menacées de disparition. C'est pourquoi les pays du monde s'arment pour renforcer les négociations. Mais tout compte fait, les négociations peinent à décoller malgré l'avancée des actions.

Lire aussi - Côte-d’Ivoire COP15 : contre la désertification et pour la gestion des terres

Des divergences de vue

Selon certains négociateurs beaucoup de choses restent encore à faire. C'est pourquoi Brian O’Donnell, directeur de l’organisation Campaign for Nature, a expliqué que « la majeure partie du temps avait servi à des chamailleries techniques, laissant les décisions majeures irrésolues ».

Les négociateurs ont travaillé d’arrache-pied pendant six jours pour tenter d’avancer sur le projet de texte, mais beaucoup d’observateurs pointent le travail restant. Arnaud Gilles, chargé de diplomatie environnementale au sein du Fonds mondial pour la nature (WWF France) dénonce beaucoup de déceptions. « Les progrès sont très limités. Dans l’ensemble, le texte n’est pas du tout prêt à être adopté, déjà dans sa forme, et encore moins dans son contenu parce qu’il n’est pas du tout ambitieux à ce stade ».

Ainsi plusieurs urgences liées à l'effondrement de la biodiversité à toute vitesse se remarquent dans le monde. Le rapport "Planète Vivante" de 2020 mentionne que la population de vertébrés avait chuté de 68% entre 1970 et 2016. Il y a donc urgence. Mais les négociations ont plutôt patiné, en dépit des espoirs qui ont été émis par toutes les délégations.

Un autre gros point de blocage concerne la question du financement de la biodiversité qui cristallise beaucoup de tensions et qui conditionne (dans l’esprit de certains États), l’avancée sur d’autres sujets très concrets comme la restauration des écosystèmes, la conservation des écosystèmes. Ici aussi, note Arnaud Gilles, « beaucoup de parties du texte font toujours l’objet de désaccords ».

Alors que Nairobi devait servir à rapprocher les points de vue et à épurer le document, des délégations ont introduit de nouveaux éléments. Les États s’opposent autour de la réduction des pesticides, la surutilisation des engrais, le besoin de produire davantage, etc.

D'autres tensions concernent les finances, qui selon plusieurs pays comme le Brésil, l'Argentine, l'Afrique du Sud, le Cameroun ou l'Égypte demandent aux pays riches de fournir 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2030 aux pays en développement pour préserver la biodiversité.

Jusqu'alors les négociations sont diversement appréciées et des appels à « changer d'état d'esprit » sont lancés. Les participants ont prévu de se retrouver pour une dernière session de négociations, juste avant la COP15 en décembre ? pour tenter d’arriver à Montréal avec le moins de divergences possibles.