Guerre en Ukraine : les sanctions contre la Russie vont accentuer la vie chère en Afrique

Guerre en Ukraine : les sanctions contre la Russie vont accentuer la vie chère en Afrique
Hausse des prix

Les sanctions internationales contre la Russie qui mène une guerre contre l’Ukraine vont impacter tous les pays africains, entrainant des dommages collatéraux considérables. Les toutes prochaines hausses des coûts du pétrole, du blé, du gaz, - pour ne citer que ces matières premières -, vont probablement modifier l’économie mondiale. Et donc celle du continent aussi. Les budgets des Etats déjà problématiques et les portemonnaies des ménages ne résisteront pas. L’inflation qui s’est installée depuis ira crescendo, et pour longtemps.

Les pays du continent vont donc subir les contrecoups des sanctions infligées à la Russie par la communauté internationale. Les populations togolaises en particulier et celles de toute l’Afrique de l’Ouest en général, vont devoir réagir, chacune à sa manière pour s’affranchir des réalités du moment, à cause de l’aggravation de l’inflation déjà en vogue qu’elles subissent. Leur quotidien devenue difficile, sera rude !

En raison de l’actualité, l’on annonce un peu partout des hausses de prix des matières premières et des denrées de premières nécessités. Déjà, par rapport au covid-19, les produits importés ont connu des hausses assez importantes. Et ce n’est pas le fait d’un pays. C’est le monde entier qui fait face à la cherté de la vie et les effets du dérèglement climatique corsent la situation dans les pays en développement. Dans cette complication, les gouvernements cherchent à faire en sorte que les populations produisent davantage, de façon intensive pour pouvoir être autosuffisantes dans des produits de grande consommation comme le riz, le maïs, les produits maraichers et bien d’autres.

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En ce qui concerne le blé  

L’Afrique importe annuellement deux tiers de blé qu’elle consomme, de la Russie et de l’Ukraine, respectivement troisième et huitième producteurs mondiaux. D’où une menace de graves perturbations et flambée de prix, éventuellement sur cette matière première dont dépend également l’alimentation des millions d’africains. Le blé est dans le pain et les pâtes qui constituent des produits courants abordables qui pourraient devenir très chers, et peut-être plus rares sur le continent. Car le plus important débouché du blé cultivé dans les deux pays en guerre, c’est l’Afrique qui compte quelques gros consommateurs qui sont parfois très dépendants. A elle seule, l’Egypte achète 50% du blé importé de Russie, ce qui représente 85% de ses stocks, les 15% restants provenant d’Ukraine. Suivent le Soudan, le Nigéria, la Tanzanie, l’Algérie, le Kenya et l’Afrique du Sud qui se fournissent majoritairement à Moscou et à Kiev. Le Maroc, la Tunisie, l’Ethiopie sont aussi de gros importateurs, mais eux, ont diversifié leurs fournisseurs. 

Les prix étaient déjà montés à 15 dollars la tonne depuis janvier 2022. Et les deux tiers du blé russe produit en 2021 étant déjà exportés, on s’attend tout de même à une hausse de prix d’environ 30%, si la Russie n’a plus d’accès au marché. Et à l’isolement économique de la Russie, pourrait venir s’ajouter l’empêchement de l’exportation par bateau, due à l’impossibilité d’utiliser les ports ou les routes maritimes. Dans ce cas, il y aura un manque à gagner en blé, et le prix du pain (produit de consommation du quotidien) augmentera nécessairement.

L’augmentation du prix du pain a toujours été à l’origine de controverse dans plusieurs pays, et entrainé des protestations populaires.

Des inquiétudes aussi pour les produits pétroliers

Beaucoup d’observateurs entrevoient une hausse des prix des produits pétroliers, parce que le prix du baril a fortement augmenté, dépassant récemment les 100 dollars le baril de Brent (contre 80 dollars entretemps). « C’est un impact qu’il faut observer pour les prochaines semaines », affirment des observateurs avisés.

Le carburant a déjà connu une hausse dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest, sauf au Togo où il faut désormais s’attendre, dans les prochains jours ou semaines à une décision des autorités sur la vente des produits pétroliers.

Les autorités togolaises déjà scrutaient l’horizon, s’interrogeant s’il faut appliquer ou non la règle de fluctuation générée par la hausse du cours du Brut sur le marché international.

La hausse du prix à la pompe entraîne directement une baisse du pouvoir d'achat des ménages. Elle affecte indirectement les ménages car elles consomment des biens et services d'autres secteurs de l'économie qui utilisent le pétrole.

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Les dirigeants des pays développés qui ont solidairement décidé de punir la Russie de Vladimir Poutine qui a envahi l’Ukraine, n’ont sans doute pas mesuré l’envergure de leurs embargos, actes et idées qu’ils imposent, sur toutes les régions du monde.  S’ils ont la mesure des impacts des décisions qu’ils prennent pour contraindre Vladimir Poutine, sur leurs populations, il parait peu évident que le sort des autres peuples du reste du monde fasse partie de leurs premières préoccupations.

La Russie produit 10% du pétrole consommé dans le monde et fournit 40% du gaz utilisé en Europe. Elle est aussi le premier exportateur mondial de céréales et d'engrais.