COP27 : l’Afrique insiste sur le financement de l’atténuation et l’adaptation climatiques

COP27 : l’Afrique insiste sur le financement de l’atténuation et l’adaptation climatiques
L'Afrique élève sa voix face aux catastrophes climatiques pour avoir gain de cause.

La CPO27 poursuit ses travaux dans la ville égyptienne de Charm-el-Sheik, pour donner un nouveau souffle à la lutte contre le réchauffement climatique. Les pays du Sud, notamment ceux de l’Afrique, réclament des dédommagements financiers conséquents pour faire face aux catastrophes. Les dirigeants du continent unifient leurs voix pour avoir gain de cause.

L’enjeu majeur de la COP27 pour les africains est de rechercher les moyens de trouver des solutions durables à la sécheresse, aux inondations, aux canicules en série qui mettent à mal les populations du continent. Le but est de parvenir à remettre l’équilibre dans l’ensemble de décisions et d'actes à adopter pour résoudre les énormes difficultés. « La voix des pays africains n’est pas très entendue, depuis plusieurs années », assure l’ancien président du Groupe des négociateurs du continent sur les changements climatiques, Tanguy Gahouma.  

L’Afrique émet 3% des émissions de gaz à effet de serre. Elle est donc très peu responsable du phénomène de changement climatique, mais plus vulnérable. L’occasion lui est donnée à cette COP27 de faire avancer les thématiques qui lui sont importantes, notamment celle sur la transition juste et équitable. Plus d’une centaine de dirigeants de la planète participent à la conférence.

Les africains dans une position commune

L’Afrique, moins pollueuse par rapport aux autres continents, se trouve dans une situation d’extrême vulnérabilité qui doit être reconnue pour que les moyens financiers conséquents soient mis à sa disposition. C’est pour cela que les dirigeants africains estiment qu’il faille « financer l’adaptation des populations pour pouvoir faire face aux effets néfastes du changement climatique ; et que cette adaptation reçoive l’attention qui lui est due ».

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La question des pertes et préjudices est également sur la table de la conférence. A ce sujet, il faut mettre en place un cadre de gouvernance, mobiliser des ressources pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tsisekedi, avait invité lors d’un sommet sur "l’adaptation" en septembre 2022 à Rotterdam (Pays-Bas), les partenaires du développement à « soutenir le programme d’accélération de l’adaptation en Afrique, afin d’aider le continent à atteindre les objectifs qu’il s’est assignés ». Ce programme contraint le continent à mobiliser d’importantes ressources financières, pour renforcer la résilience de ses populations.

Les pays du Nord refusent de prendre leurs responsabilités

Peu de dirigeants de pays développés étaient présents à cette conférence de Rotterdam, vexant ainsi les africains présents qui n’avaient récolté que 55 millions sur les 25 milliards de dollars sollicités. Les pays riches s’opposent à la création d’un mécanisme spécifique, séparé du financement de l’adaptation au changement climatique.

Pour Aïssatou Diouf, coordinatrice du "Réseau Afrique Action climat" en Afrique de l’Ouest et du Centre, « l’Afrique va se battre pour avoir ce mécanisme financier ».

Cette position africaine est l’un des grands enjeux de la conférence de Charm-el-Sheik que les africains intitulent la COP de l’implémentation, considérant que les précédents sommets n’étaient jusqu’ici que des sommets de promesses. Les négociations seront sans doute difficiles.